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Joséphine Bataille a-t-elle menti ?

jeudi 6 mai 2010, par Abbé Philippe Laguérie

Dans « La Vie » du 6 au 12 mai 2010, Joséphine Bataille qui signe l’article « La face cachée des traditionalistes » écrit ceci :

« A Bordeaux, où l’abbé Laguérie a occupé par la force l’église Saint-Eloi à partir de 2002… ».

Ca fait assez bien dans le décor de sa bouillonnante démonstration, destinée à salir l’I.B.P. par tous les moyens, même honnêtes, mais c’est malheureusement (pour elle) totalement faux. Et l’on peut s’étonner qu’une journaliste d’un hebdomadaire catholique se permette une incartade aussi irréaliste.

Le 22 septembre 2002, quand j’invite M. l’abbé de Cacqueray à célébrer la première messe en l’église Saint-Eloi (eh oui, j’ai fait ça !), il y a une convention en bonne et due forme passée entre la Mairie de Bordeaux et l’association Eglise Saint-Eloi, en pleine force de loi. Il n’est pas jusqu’au Cardinal Eyt qui, peu de temps avant sa mort, ne m’en ait laissé la possibilité, celle de m’arranger avec l’Autorité civile. Tout le reste n’est qu’affabulation et, il faut le reconnaître, en parfaite symbiose avec tout le reste de l’article.

Car à aucun moment cette journaliste d’un hebdo catholique ne se pose la question d’une éventuelle manipulation-amalgame dans le procédé des Infiltrés. Jamais, pas une fois. Une dame de fer aux nerfs d’acier. Elle ne mentionne que nos dénonciations, sans jamais se poser la question de savoir si nos affirmations, qui s’étayent chaque jour davantage (et on n’est pas au bout de nos surprises !) pourraient recéler quelques vérités. En termes techniques, ça s’appelle de l’incompétence. En termes moraux… Je vous laisse juge.

On s’imagine aisément qu’à affirmer péremptoirement un fait totalement faux (ma soi-disant prise de force de Saint-Eloi : très facilement vérifiable) elle ne va pas s’embarrasser par la suite d’un travail consciencieux de journaliste honnête, de vérification des faits, d’enquête précise. Plus facile, en effet, plus rapide pour rendre sa copie et en être payée, de prendre argent-comptant les affirmations et les amalgames scandaleux de Pujadas.

Quand on apprend par Minute d’hier, par exemple, que non seulement il y avait le faux journaliste infiltré (Matthieu Maye : carte de journaliste introuvable) mais que l’un des deux (soi-disant) membres de Dies Irae, qui tient les propos scandaleux que l’on sait, est lui aussi un infiltré, actuellement en fuite et aujourd’hui à la colle avec un membre de la NPA (ancienne ligue communiste révolutionnaire) de Besancenot, on peut commencer à réfléchir, non ? Un infiltré qui filme un autre infiltré qui délire, c’est pratique pour salir n’importe qui, n’importe où (en lieu privé, de préférence) n’importe quand et n’importe comment.

Mais Mme Bataille veut simplement ferrailler et n’a pas de temps à perdre avec son vrai travail de journaliste : informer. Déformer et désinformer demande moins de labeur comme aussi moins de conscience. Et ça paye tout autant, mieux semble-t-il.

Dommage pour l’hebdo. Il y perd du sérieux. Le mot de son directeur, Le sympathique Jean-Pierre Denis, nous invite à faire le ménage. Soit. Mais c’est déjà fait en grande partie, voyons, les infiltrés se sont évaporés dans la nature et sont en cavale ! Jean-Pierre Denis m’est sympathique depuis que, grâce à l’abbé de Tanouärn, nous avons débattu ensemble à la mutualité en 2007. Je le sais droit dans ses convictions, qui ne sont pas les miennes, mais courageux et sincère. Alors, comment laisse-t-il une amatrice se saisir d’un dossier aussi difficile, à coup d’approximations superficielles ? Pourquoi « La Vie » (c’est exceptionnel), n’adopte-t-elle pas ici le profile habituel de toute la presse de gauche ? Ces gens-là sont un peu prudent, voyez-vous. Ils connaissent Pujadas et ses méthodes et comme ils lui ont pourri la vie lors de précédentes émissions, ils ont la pudeur de se taire.

La Vie, en bon hebdomadaire politiquement correct, n’a pas encore leur expérience et leur savoir-faire, qui démontre que c’est juste un règlement de compte entre frères. Il y a ceux qui soutiennent le pape (Cf. la fin de l’article) et ceux qui guerroient contre lui par ces personnes interposées. L’I.B.P. a choisi son camp et ne règle pas ses comptes par procuration. Question de déontologie et surtout…de fierté. A Rome, on me l’a fait dire, on juge que cette affaire des « Infiltrés » de Pujadas n’est qu’un épisode insignifiant et franco-français d’une vaste campagne contre l’Eglise. Vous verrez, d’autres épisodes se préparent, sur les finances de l’Eglise, à ce qu’on dit…

Alors ? Joséphine Bataille a-t-elle menti ou non ? Rien n’est moins sûr ; ce peut n’être que de la facilité, cette forme professionnelle de la paresse ou de la mode, et la pire des modes, celle du penser.

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