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LITURGIE POUR LES NULS

Mode d’emploi

vendredi 16 octobre 2015, par Abbé Philippe Laguérie

Lors de mon dernier cours de catéchèse en juin dernier sur la Force, j’avais envisagé de continuer à vous entretenir des choses de Dieu. Pendant ces vacances de nombreux « aficionados » m’ont gentiment mais fermement relancé. Restait à se remettre à l’ouvrage et à trouver un thème qui portît…

Or j’ai toujours été frappé par l’extraordinaire harmonie de l’ordonnancement des textes liturgiques d’une même messe qui composent ce qu’on appelle le « propre ». La sagesse qui préside au choix et à la disposition de ces morceaux choisis (presque toujours tirés de l Ecriture Sainte) est bien plus divine qu’humaine. C’est plutôt, à n’en pas douter, l’effet du Saint Esprit à l’oeuvre dans l Eglise de Jésus Christ que le génie, pourtant manifeste, des Pontifes et des Saints. Si, selon l’adage célèbre du pape saint Célestin « Lex orandi lex credendi » la règle de la prière établit celle de la Foi, on comprend que l’Eglise ne fut pas moins assistée de son Maître dans l’ordonnance de la liturgie que dans les définitions dogmatiques. La liturgie est bien ce point culminant de la Tradition Catholique, source de la Révélation… Avis aux apprentis sorciers, de tous les temps et de toutes les latitudes, qui ont prétendu substituer leurs dérisoires élucubrations aux divines mélopées de l’Esprit Saint !

Mon propos sera donc, tout en brassant, malaxant et ruminant les textes les plus sublimes de l’Ecriture Sainte, de dégager l’harmonie non moins sublime de leur ordonnance. Ils n’y sont pas juxtaposés mais bien organiques et délivrent ensemble un message, une présence, une communion unique.

Car attention ! La liturgie ne nous délivre pas une idée, une thèse ou même une doctrine. Horresco referens : ce serait la mort immédiate de la liturgie ! La liturgie est une rencontre, un contact, une communion avec le Père de Notre Seigneur Jésus Christ « Per Ipsum, cum Ipso et in Ipso ». C’est TOUT, au sens non restrictif de l’expression mais bien au sens de plénitude. Or la présence de l’être connu et aimé est double : c’est le contact physique de l’Eucharistie dans et par le Sacrifice rédempteur (essentiellement réalisé en l’offertoire et le canon de la messe qui constituent l’ordinaire, dont je ne parlerai pas) et le contact du verbe, avec cette singularité étonnante et surpuissante, propre exclusivement à Jésus Christ Verbe de Dieu, que sa parole et Lui ne font qu’un. La parole de Notre Seigneur est « magique ». Elle ne nous dit pas seulement ce qu’Il pense, elle nous livre directement ce qu’IL est, Lui-même. Comprenne qui pourra : Jésus Christ, et Lui seul, est tout entier en chacune de ses paroles…

Ce « dit » du Verbe que l’Eglise nous propose en chaque liturgie de la messe compose le propre. Ces textes qui changent chaque fois tandis que la « règle » ou canon est immuable. Ce propre n’est pas monolithique et uniforme mais parfaitement ventilé, organique et tectonique.

Il se compose ainsi, toujours et dans l’ordre, non chronologique mais de primauté :

- 1) l’Evangile, pièce maîtresse à laquelle tout est ordonné et vers laquelle tout converge.
- 2) L’épître d’un apôtre, le plus souvent saint Paul.

La signification, le message, la présence (toujours unique , sinon on doit chercher encore) est généralement constituée et suffisamment établie par la concordance de ces deux textes majeurs. On le vérifiera donc et l’embellira par tous ces textes plus courts dont chacun fait chorus au véritable coryphée que constituent le tandem Evangile et épître.

- 3) Les oraisons : ces textes particuliers en ce qu’ils s’adressent directement à Dieu, véritables prières qui précisent la grâce du jour. Au nombre de trois : Collecte (ainsi appelée parce qu’elle énonce et résume à elle seule l’ensemble de notre supplication) après le Gloria, la secrète (avant la préface et à voix basse) et la Post communion (de moindre importance en notre propos puisqu’elle porte le plus souvent sur le mystère eucharistique que l’on vient de recevoir). Très souvent la collecte aidera à saisir la grâce unique des deux textes majeurs…

- 4) L’offertoire et la Communion ( les textes, au propre l’un et l’autre) que je groupe volontairement parce qu’il encadrent le mystère eucharistique (véritables acolytes) et constituent le plus souvent une merveilleuse réplique vécue et existentielle du message unique et principal des textes majeurs.

- 5) Graduel et alléluia. Ce dernier étant le plus souvent comme son nom l’indique une pure louange, il n’est pas la meilleure pièce pour trouver ce que nous cherchons. Le graduel non plus qui correspond en tout temps à un service enthousiaste et dynamique de Yahvé…

- 6) Et finalement… l’Introït. Il est généralement si grand, si haut, si majestueux qu’on ne peut l’utiliser qu’a posteriori pour corroborer notre inquisition, moins pour l’établir. En revanche, il nous faut retomber sur nos pieds, absolument, et déceler dans cette grandeur le côté impénétrable (mais bien réel) des voies de Dieu… J’exclue évidemment de cette remarque les introïts concrets et historiques qui annoncent d’emblée le mystère du jour, du type : « Resurrexi » « Dominus dixit ad me » ou encore « Spiritus Domini ». Encore qu’ils ne sauraient dire à eux seuls la richesse du mystère du jour.

Voilà donc comment nous allons procéder : tirer la mœlle de ces textes sublimes et en dégager (avec circonspection et modestie obligées) la sagesse céleste qui a présidé non seulement à leur écriture (ils sont révélés) mais aussi à leur mise en place dans le corpus liturgique. Ces deux œuvres sont l’une et l’autre du Saint Esprit en personne. Hérétique qui nierait la première, bien téméraire qui contesterait la seconde. Si donc vous êtes intéressé, cliquez dans « Rubriques » de ce blog à la ligne « Liturgie pour les nuls » et suivez les instructions.

Les textes s’affichent tout seuls quand je les lis grâce au génie propre de mon professionnel, Joseph Q. Merci Joseph.

« Mais vous nous prenez pour des nuls, quel culot » ! Parfaitement madame, monsieur. Et je vous prie de croire que je m’y range sans ambages avec vous. Voyez vous, s’il s’agit de résoudre une équation du second degré ou quelque intégrale, il y a ceux qui savent et ceux qui ne savent pas, moi par exemple. Mais quand il s’agit des mystères du Royaume de Dieu, il n’y aura jamais que ceux qui ne savent pas, des nuls quoi. Dans cette inquisition-là, je suis nul et j’entends bien le rester ! Seulement notez ceci « Tu ne me chercherais pas si tu ne m’avais déjà trouvé… »

Sans compter la joie de vous retrouver.

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